samedi 4 décembre 2010

« Il est mieux d'offrir une canne à pêche à quelqu'un et de lui apprendre à s'en servir que de toujours lui donner du poisson ».

Ah comme j’aimerais savoir exactement comment faire pour appliquer cette phrase dans mon quotidien africain…

J'essaye de le faire... c'est-à-dire ne pas faire le travail à la place des burkinabés (ce qui leur rendrait service sur le moment certes) mais faire en sorte de trouver des solutions qu'ils puissent eux-mêmes appliquer sans moi... pas toujours évident de trouver les bonnes solutions adaptées au contexte et qui soient efficaces... je tâtonne donc en faisant certainement des erreurs mais en apprenant beaucoup!

Je travaille donc dans les classes primaires (1 mois par degré) où j’aide l’enseignant à gérer la classe… Pour le moment, j'étais au CP1 et au CP2 (1ère et 2ème primaire). La grosse difficulté est la gestion de la classe ; imaginez 78 élèves ne comprenant pas bien le français et n’ayant jamais appris à se concentrer… Le défi est qu’il sache lire à la fin du CP2; défi énorme! J’essaye de trouver des solutions tant bien que mal mais comme je n’ai pas l’habitude de gérer autant d’élèves, ce que je propose ne fonctionne pas forcément du premier coup ce qui ne motive pas l’enseignante à me suivre… mais si quelques-unes de mes idées peuvent servir, je me dis que c’est déjà pas mal… Pour la suite, je serai dans les plus grandes classes et je pense que ce sera un peu plus facile car les élèves comprennent bien le français, affaire à suivre!

Mes cours d’informatique se déroulent toujours bien; entre coupure de courant et mélange de classes, l’improvisation m’accompagne en permanence… mais j’ai du plaisir à tenir ce cours. Les élèves du primaire commencent à se familiariser avec les ordinateurs et sont capables (pour la plupart) d’allumer et d’éteindre l’ordinateur et de jouer… Pour les élèves du collège, cela se passe bien aussi même si les différences de niveau sont plus importantes; de la personne qui n’a jamais vu un ordinateur à celle qui fait déjà des cartons d’invitation et des graphiques sur excel…

Enfin, le projet bibliothèque est toujours à ses débuts… mais il parait que ça va se faire… du coup j’essaye de tâtonner auprès des enseignants pour voir ce qui serait utile et en quoi je pourrais aider.. à mon avis, je pourrai surtout être utile pour les aider à sensibiliser les élèves du primaire à la lecture. il y a du travail à ce niveau car les élèves ne connaissent à peu près que les manuels scolaires; à mon avis, ils n’ont jamais lu de romans, de bd ou d’albums…

Voili voilà pour mes activités… c’est vraiment intéressant même si la question de l’efficacité est omniprésente (on ne se défait pas si facilement de sa culture européenne et de ses concepts de rendement…)!

L’entraide africaine

On est rarement seul au Burkina... L'entraide existe…il est naturel de se mettre au service des autres dans l'attente du jour où on en aura besoin... du coup l'autre devient une source de savoir et de ressources. Les contacts sont essentiels et permettent de créer des groupes très soudés (la famille élargie): quand l'un des membres réussit, il partage avec les autres et les aide à réussir à leur tour... cela n'est pas vu comme de la générosité mais plutôt comme une tradition. Ça fonctionne comme ça...

Cette mentalité altruiste pose par contre des problèmes au niveau de la corruption et des attributions d'emploi... tout se passe en fonction des relations et dans une moindre mesure des compétences de chacun... surtout dans les hautes sphères…

6 jours de vadrouille …

J'ai fait mes premières visites toute seule: départ à l'aventure pour 6 jours...organisation un peu à l’arrache étant donné que j’ai appris le lundi que j’avais 4 jours de congé à partir du mercredi vu que les enseignants avaient une formation… PICT0004

Ce fut très enrichissant... ces quelques jours de visite m'ont vraiment fait du bien... J'ai été à Koudougou (photo) et Dédougou (deux villes à environ 200km de Ouaga) ! Les gens sont terriblement plus calmes et simples qu'à Ouaga ! Pas d'accostage toutes les 30 secondes; je me rends compte que les vendeurs de Ouaga sont vraiment trop directs!

Première nuit: test de l'accueil africain; résultat extraordinaire : Suzanne m'a ouvert la porte de sa famille en toute simplicité et ce fut agréable: à retenir cette manière d'accueillir l'autre à bras ouverts en simplicité! Sur la photo, on voit trois de ses mamans (la polygamie est très courante en Afrique...); je les ai aidé à préparer la sauce à l'oseille et de là est partie l’invitation...   PICT0005PICT0007

 

 

 

 

 

Les enfants de la famille qui ont appris le jeu du mémory !

Après Koudougou, petit séjour dans un village d'accueil à Doudou. Comme ce n'est pas la période des visites j'étais toute seule et le campement était b ien vide... Mais j'étais heureuse de découvrir la vie au village.

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séance dePICT0026 pillage du mil pour préparer le plat national, le tô, sorte de polenta sans goût. Les femmes ont donc une panoplie de sauces différentes pour l’accompagner… PICT0031

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 Je me rends compte de toutes les découvertes faites en quelques jours et des belles expériences vécues! On fait au hasard du chemin des rencontres en toute simplicité; on échange quelques mots, un peu d'eau et voilà c'est déjà reparti!

 

La veille de rentrée, journée typique du voyage à l'africaine dont on m'a parlé: Comme la veille, je voulais aller à Tougan mais qu'il était déjà tard, j'ai opté pour Dédougou tout en me disant que j'allais m'embêter car selon le guide touristique, il n'y a rien pour les touristes... Au final, journée magnifique: découvertes d'un tisseran et rencontre avec des musiciens et petit concert de 36 balafonistes ! Inoubliable!

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Première sortie hors-Ouagadougou

Que d'émotions! Pour organiser tout ça, ce fut comment dire à l'africaine. Samedi soir 21 h (pour la sortie le dimanche) rien n'était encore sûr... Mais au final tout a bien fonctionné même si Ouretou, la femme d'un de mes cousins en Suisse, n'a pas pu se joindre à nous, car elle devait garder ses animaux.

Bref départ fixé à 8h30 avec Eléonore et Antoine, départ effectif à 9h00 ... en ayant le sentiment de passer pour une inculte puisqu'on n'a pas été au culte.

On a fait les déplacements en 4x4. J'avais demandé à Ouretou s'il était possible d'avoir quelqu'un pour conduire car je ne me sentais pas de conduire en Afrique. Au final, je pense que j'aurais été moins tendue de conduire moi-même. Je ne suis pas sûre que le chauffeur avait vraiment son permis. Ce fut vraiment la touche « africaine » dans le sens chaotique de la journée. A chaque fois qu'il était au volant, je n'étais pas rassurée mais on est en vie c'est l'essentiel. Deux mésaventures principales... premièrement, la panne sèche... on était presque arrivé à destination en pleine brousse) lorsque la voiture s'arrête panne sèche et là le chauffeur nous dit que en fait il aurait fallu remettre de l'essence... grand moment... on descend de la voiture en se disant que ça risque d'être quelque chose pour trouver de l'essence... au passage, quelques contacts avec la population locale qui cultive des arachides... et au final, on a marché bien 300 m avant de trouver de l'essence: coup de bol...

deuxièmement, la perte du pare-choc... vers 13h, on s'arrête pour manger quelque chose à Kokologho, le chauffeur fait une marche arrière et se prend un gros trou ainsi qu'un pneu de tracteur. Du coup, le pare-choc avant s'éclate... on l'a mis dans le coffre pour le reste de la journée et en arrivant, on a prévenu Ouretou mais ça n'avait pas l'air de la surprendre outre mesure... ici tout se répare rapidement mais pour combien de temps, ça c'est une autre affaire...

Malgré les mésaventures de voiture, tout le reste s'est parfaitement déroulé et c'était très sympa.. Le matin, on a été voir les crocodiles sacrés. C'était assez impressionnant d'aller si près d'eux sans qu'ils bougent. On a aussi vu la brousse, le village de Bazoulé, les baobabs... Ensuite on a visité une rizière et les cultures alentours: c'était vraiment beau et ça changeait de la ville. On a aussi vu des tortues et un artisan tissant le coton. Bon c’était bien touristique comme visite et pas très proche de la population… on avait vraiment l’impression d’être les richtou à qui il faut faire plaisir pour qu’ils reviennent… PICT0028 PICT0035

 

 

 

 

 

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                                                  je vis dangereusement n’est-ce pas? :)

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âme sensible s’abstenir!

le pauvre petit poulet (utilisé pour faire sortir les crocodiles de l’eau) a vu sa vie rapidement écourtée par son ami le croco…

 

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Village de Bazoulé (à côté des crocos)

en fait les activités de tourisme permettent au village de se développer (école, puits,…)

Après la visite des crocos, on a été en direction de Kokologho pour visiter le palais du chef mossi . Comme les visites ne commencent pas avant 15h, on a été mangé local; riz zoumbala. Ensuite, nous avons été nous reposer sur une « terrasse ». Petit détail croustillant: à côté de la terrasse, il y avait un gros congélateur avec l'inscription: le surgelé à votre portée. La température avoisinant les 35 degrés c'était assez comique...

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Grenier à mil :

(en attendant le début de la visite du palais…)

Dans les villages, les familles les construisent pour conserver le mil (plante apparentée au blé). Chaque ethnie (environ 60 au Burkina) a une manière particulière de construire son grenier; ici c’est pour les mossi.